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Les histoires de Wavefront et d'Alias ont été traduites depuis le site Internet www.aliaswavefront.com

 

Stephen Bingham, Nigel McGrath, Susan McKenna et David Springer, fondateurs d'Alias, souhaitaient créer un package logiciel convivial pour produire des animations vidéo 3D réalistes destinées à l'industrie publicitaires et aux sociétés de post-production. En 1983, ils eurent l’idée de développer un logiciel pour y parvenir. Springer enseignait la programmation informatique à des designers à l’université Sheridan College. Doté d’un rare mélange de talents artistiques et de compétences en programmation informatique, il avait travaillé de son côté sur un logiciel qui, par hasard, ressemblait à l’idée de McKenna et de Bingham. Ceux-ci lui proposèrent rapidement de les rejoindre et il assura la supervision du projet qui comptait 300 000 lignes de code écrit en langage C.

 


Bingham était loin d’être un magnat de la technologie de pointe et n’avait suivi la moindre formation technique ou d’ingénieur ; il avait obtenu un Masters en études canadiennes à l’université Carleton University d'Ottawa. Il occupa ensuite le poste de directeur au National Film Theatre de la ville entre 1980 et 1983, ce qui lui permet de s’adonner à sa passion pour le cinéma et l’animation. Suite à une visite en Californie des célèbres studios d’animation Industrial Light & Magic du metteur en scène hollywoodien George Lucas, il décide de créer sa propre entreprise d’animation.

Susan McKenna a attrapé le virus de l’informatique au lycée, pendant ses cours de Fortran. Dernière enfant d’une fratrie de cinq, elle est la première femme de la famille à vouloir se lancer dans les affaires, à avoir l’ambition de se lancer dans l’aventure et de prendre des risques. Stephen Bingham et Susan McKenna se rencontrent à Carleton University à Ottawa. Elle passe 2 ans et demi à un poste administratif dans la production audiovisuelle, trouve des capitaux, rédige des propositions et gère les financements. McKenna contacte Nigel McGrath, dont elle connaît la réputation dans le milieu pour ses compétences combinant haute technologie et conception graphique. Après le lycée, McGrath exerce une activité d’artiste graphique en free-lance et crée McGrath & Associates en 1980 pour travailler avec d’importantes sociétés clientes. Il conserve cette société tout en démarrant Alias, et prête à la nouvelle entreprise des équipements d'infographie représentant 500 000 dollars.

 

En 1983, une subvention de 61 000 dollars du National Research Council s’ajoute à leurs maigres fonds personnels et leur permet de commencer à développer ce premier code, une entreprise énorme nécessitant 36 années-hommes de programmation, ou 18 programmeurs pendant deux ans. Le gouvernement fédéral apporte également son soutien financier dans le cadre du Scientific Research Tax Credits (SRTCs). Leur premier bureau, loué 150$/mois, était situé à Toronto dans une cage d’ascenseur rénovée dans l’immeuble qui hébergera plus tard CITY-TV. « Il y avait des courants d’air bizarres, soudain de l’air froid envahissait mystérieusement la pièce, on se croyait dans une scène du film Poltergeist de Spielberg », se souvient Susan McKenna.

 

En 1984, le groupe décide de nommer le nouveau projet Alias. « Il me semble que c’est Steve qui a proposé le nom d’Alias, alors que nous dînions dans un restaurant de Detroit pendant le SIGGRAPH », raconte Nigel McGrath. « Nous savions que nous avions besoin d’un alias (crénelage), ajoute Steve. Nous avons tous été d’accord parce que le seul job payant que nous avions à l’époque était celui de Dave Springer qui écrivait un programme d’anticrénelage pour quelques utilisateurs chez SGI. Voilà comment le nom a été trouvé. »

 

le premier logo

 

Alias/1 est dévoilé lors du SIGGRAPH '85 à San Francisco. La particularité unique d’Alias/1 est d’être basé sur des splines cardinales qui produisent des lignes et des surfaces bien plus régulières et réalistes que les lignes polygonales. Le premier client d’Alias/1 est Post Effects à Chicago, suivi par Editel à New York et Production Masters à Pittsburgh. La même année, Alias signe un contrat majeur avec GM pour la conception d'un système intégrant une technologie NURBS (non-uniform rational basis spline) compatible avec le système de CAO basé sur la spline de GM. C’est le début d’une relation commerciale qui continue à prospérer aujourd’hui.

 

Un peu plus tard, en 1985, les fondateurs d’Alias contactent Silicon Graphics Inc. et proposent d’utiliser le micro-ordinateur de SGI pour la conception graphique. Jusque là, le matériel de SGI n’était utilisé que pour la conception assistée par ordinateur et la fabrication assistée par ordinateur (COA/FAO). SGI voit aussitôt la possibilité de vendre un ordinateur chaque fois qu’Alias vend son logiciel. Cette nouvelle entreprise de recherches et de développement nécessite un capital de financement supplémentaire. Comme Alias avait alors un gros client (GM) relativement sûr, le risque est moins important pour les investisseurs potentiels.

 

Début 1986, Crownx, une société d’investissement en capital risque associée à Crown Life, investit 1,2 million de dollars en échange d’une participation de 20% dans le capital d’Alias. La plupart des ventes d’Alias sont réalisées auprès de petites maisons de production, mais en 1986 Kraft et Motorola s’ajoutent à sa liste de clients. Et de plus, Alias réussit à triompher de deux concurrents américains pour la fourniture d'un équipement télévisuel contrôlé par ordinateur de 400 000 dollars, qui permettra au monde entier de suivre ce que voit le télescope Hubble depuis l'espace. C'est en 1986 également que sort la deuxième génération du logiciel Alias/2. Il est doté de la géométrie de spline de base qui a donné naissance à l’appellation CAID (computer- aided industrial design, design industriel assisté par ordinateur) et à un nouveau marché.

 

En 1987, Alias emploie 70 personnes et ouvre trois bureaux de ventes aux Etats-Unis. Parallèlement, US Investors Greylock et TA Associates apportent un nouveau capital risque.

 


En 1988, les droits de vente exclusifs d’Alias/2 sur les marchés du divertissement sont concédés à un revendeur unique pour le monde entier, BTS (aujourd'hui Phillips BTS) qui commercialise Alias/2 avec son propre système de rendu d'image. Alias pourrait alors se concentrer exclusivement sur les ventes de systèmes de conception, où la plupart des ventes se font en direct sauf en Asie où opèrent 8 revendeurs. Alias s'enorgueillit d’une liste impressionnante de clients, notamment Timex, Reebok. Oakley, Kenner, BMW, GM, Honda, Volvo, Apple, GE, Motorola, Sony, Industrial Light and Magic, Broadway Video et The Moving Picture Company.


Steve Williams (ex-Alias) rejoint ILM pour participer à la création de la créature pseudopod dans le film The Abyss en 1989. Williams a choisi Alias 2.4.2 pour créer du modèle car le logiciel utilise des surfaces paramétriques (B-splines) et non des polygones. Il fonctionne sur des stations de travail SGI 4D/70G et 4D/80GT. The Abyss a été acclamé par toute l’industrie cinématographique comme l’un des longs métrages les plus évolués et les plus difficiles à réaliser du point de vue technologique, comme le prouve l’Academy Award décerné à ILM pour les Meilleurs effets visuels dans le film The Abyss. C’est la première fois que le logiciel d’Alias était reconnu au plus haut niveau de l’animation cinématographique.

 

En 1989, Honda, l’un des plus importants clients industriels d’Alias, est si satisfait de la technologie d’Alias qu’il participe au développement de la nouvelle version d’Alias/2. En visite depuis le Japon, l’un des responsables de Honda déclare : « Grâce au logiciel d’Alias, 20 personnes font le travail de 200. » Le modèle Accord Honda 1989 est la première automobile d’un fabricant étranger à se placer en tête des meilleures ventes aux Etats-Unis. De nombreux modèles de voitures Honda, ainsi que des BMW et des Volvo, ont été conçus avec des logiciels 3D créés par Alias.

 

Alias réunit quelques 35 millions de dollars pour sa première offre publique de 2,5 millions d'actions en 1990. « Les investisseurs américains comprennent mieux la valeur de l’investissement. Les Canadiens se focalisent sur les problèmes liés aux actions technologiques au lieu de s’intéresser à l’argent produit par ce marché d’actions », déclare Bingham.

 

En 1990, sortie du logiciel de troisième génération, sous la marque Studio pour la conception industrielle, et PowerAnimator pour le marché du divertissement. La même année, le client d'Alias ILM rafle les plus grands honneurs pour les Meilleurs effets spéciaux pendant les Academy Awards. PowerAnimator a servi à créer l’adversaire d’Arnold Schwartzeneger, le cyborg tueur en acier chromé. Le plus surprenant est que Schwartzeneger, qui a reconnu avoir gagné 12 millions de dollars pour ce film, n’était pas l’acteur le mieux payé. L'homme en métal liquide a obtenu un salaire de 460 000 dollars par minute, alors que Schwartzeneger ne touchait que 200 000 dollars par minute.

 

En 1990, IBM lance une nouvelle ligne de station de travail tout en vantant le logiciel Alias auprès de son personnel commercial et de ses clients. « Alias est le meilleur au monde pour la visualisation et l’animation », reconnaissait John Thompson, président d’IBM Canada. Rob Burgess (aujourd’hui aux commandes de Macromedia) est nommé président d’Alias en 1991, avec pour mission de faire passer la compagnie à l’échelon suivant de sa croissance. Burgess annonce une alliance stratégique de 3 ans avec SGI. Il saisit également l’occasion d’acheter la technologie de Spacemaker et lance UpFront, un package économique de 3D sur Mac and Windows, destiné aux architectes. Alias réussit même à impressionner Bill Gates, qui parle d’Upfront comme d’une application particulièrement innovante sous Windows lors d’une importante conférence de Microsoft. Le président de Microsoft y déclarait : « Dans le domaine du graphisme, j’ai remarqué UpFront d’Alias Research. C’est un outil vraiment extraordinaire qui permet de s’assurer que la conception est absolument correcte ». Ce projet ouvre la voie au développement de Sketch! qui se positionne comme un outil pour les graphistes désireux de réaliser un travail en 3D plus réaliste que ce qui pouvait être obtenu avec Adobe Illustrator.


Avec l’acquisition de Sonata, un système haut de gamme de présentation et de conception architecturale 3D produit par le Britannique T2 Solutions, Alias continue à élargir sa gamme de produits et se dote de quatre divisions couvrant au moins cinq marchés distincts :

Sous la direction de Burgess, Alias poursuit sa domination des marchés du divertissement et du design. Au printemps 1992, de nouvelles fonctions d'animation, notamment un résolveur IK (inverse kinematics, modèle géométrique inverse), sont intégrées dans la quatrième version de PowerAnimator. Elles sont utilisées pour créer bon nombre des effets spéciaux du Retour de Batman, qui témoigne du retour d’Alias dans le secteur du divertissement à l’occasion du SIGGRAPH ’92. Le marché du design n’est pas oublié avec l’introduction d’AutoStudio, un package spécialement adapté aux concepteurs automobiles. Alias reste ainsi présent dans le sous-segment du design des transports sur lequel il avait remporté de grands succès.

 

En 1993, Alias commence à développer un nouveau logiciel pour l’industrie du divertissement, le futur Maya, qui deviendra l'outil principal d'animation du secteur. Steven Spielberg choisit Industrial Light & Magic pour les effets visuels de Jurassic Park en 1993. Les animateurs d’ILM décident à leur tour d’utiliser PowerAnimator pour modéliser les énormes animaux préhistoriques. Leurs dinosaures extrêmement réalistes créés avec PowerAnimator leur ont permis de remporter l’Oscar des Meilleurs effets visuels.

Alias collabore étroitement avec Ford pour développer StudioPaint, un package de peinture haut de gamme conçu pour le dessin et le rendu automobile, doté d’aérographes en temps réel. Rollerblade, après des tests approfondis, décide d’acquérir Studio d’Alias comme outil de CAID pour la conception de ses patins. « Alias permet à nos concepteurs de sculpter avec une grande facilité les surfaces complexes nécessaires pour réaliser des conceptions innovantes tout en respectant les contraintes de confort du pied », explique Todd J. Olson, designer graphique senior chez Rollerblade Inc.

 

Alias signe avec Nintendo en 1994 un accord majeur et devient son fournisseur principal d'outils logiciels. PowerAnimator est utilisé pour créer Donkey Kong Country pour Nintendo. Grâce à tous ces liens, Alias domine le marché des jeux et la plus grande part des recettes. Alias fait les titres de Globe & Mail en aidant les compagnies automobiles à économiser du temps et de l’argent grâce à son logiciel de conception industrielle. « Les fabricants automobiles de Detroit peuvent réduire le temps de développement de leurs véhicules, qui auparavant dépassait les quatre ans, à trois ans. » Parmi ces sociétés de conception automobile et de transport, on compte GM, Ford, BMW, Volvo, Honda, Toyota, Fiat, Hyundai, Isuzu, Nissan, Renault, Saab, Subaru, Caterpillar, Kenworth et Mitsubishi. En 1994, Ford devient le plus vaste centre StudioPaint du monde en achetant StudioPaint pour son site de conception révolutionnaire Global Studio. StudioPaint permet aux designers de créer des dessins conceptuels numériques en utilisant des crayons et des aérographes temps réel, et des «modifications numériques» (digital facelift) de plans existants à l'aide d'outils de retouche et de transformation d'image en temps réel.

 

En 1994, les profits d’Alias montent en flèche, surtout grâce à son succès dans l'industrie cinématographique, et une augmentation de 181% de ses profits est enregistrée au second trimestre fiscal 1995. Le logiciel PowerAnimator d'Alias est utilisé dans cinq des plus grands films de l'été 1994 : Forrest Gump, The Mask, Speed, The Flintstones, True Lies et Star Trek: The Next Generation "A Final Unity". Les plus importants studios sont clients d’Alias pour leurs effets spéciaux : Industrial Light & Magic, Angel Studios, Digital Domain, Dream Quest Images, Cinesite, Metrolight Studios, Pixar, Sony Pictures Imageworks, Video Image, The Walt Disney Company et Warner Brothers.

L’histoire de l’entreprise Alias connaît un tournant majeur en 1995, avec la fusion d’Alias et de Wavefront. Le 7 février 1995, Wavefront Technologies, Inc., Silicon Graphics, Inc. et Alias Research, Inc. annoncent qu’ils sont définitivement prêts à fusionner. Comme indiqué plus haut, la nouvelle compagnie se donne pour objectif de développer les outils les plus perfectionnés au monde pour la création de contenu numérique.

 

Evènements majeurs de l’histoire de la nouvelle compagnie :


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